Mapete (tribu)

De Wiki GC
Aller à : navigation, rechercher
Homonymie.png  Pour les articles homonymes, voir Mapete (homonymie).
Mapete
14413490-20296408.jpg
Danse traditionnelle de la tribu Mapete.
Période depuis la préhistoire
Ethnie Tribus mapétiennes
Langue Mapete
Religion Océanisme
Villes principales Mapete
Région Malapo
Région actuelle Malapo

Les Mapete (également appelés les Mapétiens) sont une tribu du Sud de l'île de Malapo. C'est la tribu la plus emblématique du Royaume de Mapete, la plus puissante sur le plan historique car elle a conquis toutes les îles actuelles du Royaume. Aujourd'hui, il existe des communauté Mapete partout dans le pays grâce aux conquêtes et aux différents métissages.


Histoire

Loupe Wiki GC 2020.png Article(s) détaillé(s) : Royaume de Mapete#Histoire

l'Histoire des Mapete est intimement lié à l'Histoire du Royaume de Mapete. L'Antiquité et le Moyen-äge ont été les périodes les plus prolifiques pour la tribu qui s'est répandue à travers toutes les îles avec des alliances, des guerres tribales et des mariages.

Pendant la colonisation, les Mapete sont traités comme des esclaves notamment dans la pêche, la perliculture ou l'agriculture. Depuis la guerre d'indépendance de 1939, les Mapete ont toujours eu un leader politique à la tête du pays que ce soit un dictateur, un roi-guerrier dynastique ou plusieurs roi-guerriers. Seul Onaku Kawazulu, roi-guerrier actuel, n'est pas issu de la tribu Mapete mais de la tribu Kiribatis. C'est la première fois qu'un membre d'une autre tribu gouverne et obtient ce poste.

Ethnographie

Portrait d'une Mapete, 1930.


Les Mapete sont des peuples issus de la côté sud est/est du continent Aldésyl, au même titre que les Kiribatis, les Hawaï et les Tongas. Ils sont plutôt grands, physiquement trapus et ont une facilité à prendre du muscle et du gras. Les problèmes de santé liés à l'obésité et aux maladies cardiaques sont d'ailleurs fréquentes pour ça chez ses populations.

Les Mapete sont donc plutôt reconnaissables de par leur physique plutôt que par leur culture ou leur tradition pourtant très fortes. On notera également les cheveux frisés, la peau matte sans aller vers le noir et un métissage très important suite aux conquêtes. Les Mapete sont aujourd'hui à 70% métissés avec une autre tribus ou une autre population.

L'importance du métissage est aussi liés aux différents mariages mixtes lors des conquêtes avec les autres populations mapétiennes. Plus tard, les mariages mixtes avec les populations blanches vont également contribuer à un certain métissage. Au fil des siècles, le métissage est devenu une particularité chez les Mapete.

Peuple de pêcheur et d'origine forestière, les Mapete se sont spécialisés dans l'agriculture fruitière, la cueillette et la pêche de tous type.

Aujourd'hui, ils sont très représentés dans ces domaines.

Culture, folklore, traditions

Le mana ( la Sagesse Pure)

Femme dansant pour se rapprocher du Mana.

Le mana (Naa en Mapete) ou sagesse en deltan est une tradition bien particulière typiquement Mapete. Elle émane de la connaissance empirique, technique et ancestrale, du bon sens découlant du lien inaliénable entre l’homme et son environnement, de la foi dans le divin, l’état de grâce que tout et chaque être peut atteindre par un esprit, la recherche culturelle et profane du Mana universel symbolisant la promesse d’une renaissance plus sage, plus pure et plus puissante.

Le mana est aussi la pureté (Ma en Mapete).Elle découle de la vie, de l’humilité, du respect, de la dignité, de l’amour, du partage, de la beauté, de la bonté et de la paix des êtres et des choses qui se fondent harmonieusement dans cet univers océaniste et insulaire.

C’est l’essence du pouvoir universel, le cœur de l’univers Mapétien, le propre même de la vie des êtres humains et les éléments qui le façonnent, les valeurs existentielles, culturelles et spirituelles qui ont créé le Mapétien et qui glorifient son univers.

Le Mana vit, s’anime, se soulève, ennoblit et transcende tout, chaque être, chaque élément dans chaque dimension. Il peut aussi anéantir, ruiner et détruire jusqu’à la dernière vibration vitale.

Le Mana est séduisant, enchanteur, glamour, pénétrant, fascinant… Il est aussi effrayant, dangereux, consommant et létal.

Il est la racine même de la dualité entre la vie et la mort.

La force, le pouvoir, l’influence, la suprématie, la grandeur, la souveraineté, l’omnipotence, le prestige, le contrôle, le génie, l’autorité, la supériorité, la noblesse, la stature, la présence, l’élégance, la beauté … La liste pourrait encore se poursuivre.

Ces mots définissent le Mana dans une situation précise, un contexte particulier et selon un point de vue spécifique. Le Mana est un concept mythique et essentiel, une vérité fondamentale. Il est à la fois tangible et intangible, expressif mais imperceptible, révélateur mais énigmatique, si naturel mais aussi fondamentalement mystérieux et ésotérique. Le mana fait partie de la mythologie océaniste mais est plutôt une philosophie de vie qu'un précepte purement religieux. L'ensemble des Mapete doivent se rapprocher le plus possible du Mana et ,si ils y parviennent, auront la faveur des dieux et des ancêtres.

Les tatouages

tatouage des Mapete.

Origines

Le mot tatau (tatoo) est né à Mapete et tous ses symboles ont un sens, leur signification raconte l’histoire personnelle de chaque Mapete. Chaque ligne dessinée sur le corps reliait le Mapete d’antan au Mana, lien fondamental entre le présent et le futur. La présence de Tohu, le dieu des tatouages, qui a représenté tous les poissons des océans dans leurs couleurs et leurs motifs, confère à chaque tatoo, l’essence fondamentale du sens de la vie. Le tatouage illustre un lien entre le ciel et la terre. Chez les Mapete, les tatouages ​​sont également des signes de beauté et, dans les temps anciens, ils constituaient une partie importante de la vie en tant que rituel marquant la fin de l’adolescence et le passage à la vie adulte.

Il existe une multitude de légendes concernant les origines du tatau. Ils ont tous un point en commun : ils sont toujours considérés comme un cadeau des dieux à l’homme. Sur l’île de Malapo, une de ces légendes raconte comment le premier tatau a été dessiné sur les fils du dieu Ta’aroa, le dieu créateur de tout et incontournable. Les fils ont ensuite enseigné le tatouage à d’autres hommes qui l’ont largement utilisé. En conséquence, les deux fils de Ta’aroa, Matamata et Tū Ra’i Pō sont devenus les divinités patronales du tatouage.

Les origines du tatouage sont assez vagues remontant aux prémices de la civilisation mapete. Le tatouage était probablement déjà existant dès les premières vagues successives d’immigration venues d’Aldésyl, s’installant dans les îles de l’Est. Le tatouage a été largement pratiqué en atteste les formes particulières retrouvées dans toutes les îles. L’art du tatouage a atteint son apogée au Moyen âge en raison de sa grande richesse et de la complexité de ses motifs.

Rôle dans la société traditionnelle

Autres tatouages d'un Mapete.

Dans la société Mapete, le tatouage constituait un marqueur social précieux. Il pouvait indiquer l’endroit exact d’un territoire, une tribu, une famille et son niveau sur l’échelle sociale. Il pouvait également marquer l’accomplissement de rituels sociaux importants tels que le passage de l’enfance à la puberté ou un mariage. Il pouvait représenter des événements marquants de la vie d’une personne : les actes de bravoure pendant une guerre ou les prouesses en tant que chasseur ou pêcheur. Cela pouvait également être simplement décoratif et son utilisation était très répandue. Le tatouage n’est pas obligatoire, mais il n’est pas acceptable pour un Mapete de n’avoir aucun tatouage.

types de tatouages

On peut distinguer trois types de tatouages : ceux destinés aux dieux, aux prêtres et aux ari’i, les héritiers de lignée royale et donc réservés à leurs descendants ; ceux du type hui ari’i, sont réservés aux chefs (hommes et femmes) ; et ceux des hui to’a, hui ra’atira et ‘īato’ai, du type manahune, pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs et autres.

L’un des aspects fondamentaux du tatouage était sa nature sacrée. Selon la croyance, il était hérité des dieux et le tatouage portait sur lui un pouvoir surnaturel. Certains motifs devaient protéger l’homme contre la perte de son mana. Ils représentaient également le prestige et l’essence divine à l’origine de la bonne santé de l’homme, de son équilibre et de sa fertilité contre les influences néfastes.

Le tatouage allait bien au-delà de la vie de ce monde. Éternel, ce travail inaltérable inscrit sur leur peau témoigne de ses origines, de son rang et de ses actes héroïques lorsqu’ils étaient appelés à comparaître devant leurs ancêtres : les dieux du pays mythique de Hawaiki.

Les outils du tatouage traditionnel comprenaient un petit peigne dentelé fait d’os, de tortue ou de nacre, fixé sur une poignée en bois. Les dents étaient trempées à une encre à base de charbon de bois appelé ti’a’iri, ou « noyer de bancule », diluée dans de l’huile ou de l’eau. Les dents sont placées sur la peau tandis que le tatoueur frappe la poignée avec un autre morceau de bois, provoquant la rupture de la peau et permet à l’encre de pénétrer. Avec ces outils traditionnels, être tatoués était un processus extrêmement douloureux prenant des jours, des semaines, des mois ou même des années renforçant le rôle du tatouage comme un rite de passage.

En tant que responsable de cette opération délicate, le tatoueur sacerdotal connu sous le nom de tahu’a tatau , était généreusement payé et bénéficiait d’un grand respect dans la société traditionnelle. Ce statut était le plus souvent transmis de père en fils.

Musique et danse

Dans la danse et les rythmes, les Mapete donnent la parole au Mana, l’appelant à sortir de la mer, à descendre des collines et faire rayonner l’âme de chaque homme et femme qui tombent sous son charme fascinant. La danse et la musique Mapete d’aujourd’hui célèbrent la formidable résilience de la culture pour surmonter et maintenir les expressions sacrées de leur vie et leurs croyances. Dans les temps anciens, les danses étaient liées à tous les aspects de la vie, elles étaient destinées à accueillir un visiteur, prier, défier un ennemi ou séduire un camarade.

La danse d’aujourd’hui est un symbole fondamentalement puissant de la culture Mapete au son des voix harmoniques, des tonnerres de tambours traditionnels et des chants plaintifs accompagnés des coquilles de conque.

Les Chants

Danse et chants des Mapete.

Les orchestres d’aujourd’hui utilisent des instruments à percussion et à cordes. Parmi les percussions, on compte le to’ere ; la fa’alete ; le pahu constitué de deux peaux et battu avec un bâton et le pahu tupa’i rima en peau et qui se joue avec les mains. Les instruments à cordes sont constitués par l’ukulélé et la guitare.

D’autres instruments qui ont longtemps disparus ont progressivement fait un retour tels que l‘ihara, un tambour de bambou fendu et le vivo, une flûte nasale. Enfin, toutes sortes de sons sont obtenus en frappant des pierres, en utilisant des coquillages et en utilisant du penu (pilon) ou des noix de coco.

D’autres chants séculiers accompagnent les événements de la vie quotidienne. Il existe des réminiscences d’activités collectives autour de pratiques comme le tapa (tissu d’écorce).

Pendant les festivals, le battement des tambours pahu a été progressivement accompagné par les chants signalant une rupture très profonde avec le passé culturel dans le domaine de la musique marqué par l’absence de traces écrites de ses gammes.

Les principales formes du himene sont himene tarava, himene ru’au et ute. Ces deux types d’expression musicale louent généralement un dieu légendaire, un chef célèbre ou des animaux protecteurs. Ces chansons utilisent des paroles très poétiques.

Danse

Hivinau, danse traditionnelle des Mapete.

Les hommes et les femmes dansaient, ensemble ou séparément. Certaines danses étaient exécutées debout, d’autres assises. Les musiciens avaient l’habitude d’accompagner les danses avec un nombre limité d’instruments, essentiellement le pahu (tambour à deux peaux) et d’une flûte nasale.

Associée, comme le tatouage, à la nudité et la sensualité, la danse a été interdite par les missionnaires. Ce n’est que dans les années 1950 que cet art ancestral a retrouvé sa place parmi le Tiki Art

Il existe quatre types de danse :

  • Le Otea : cette danse quelque peu militaire était réservée aux hommes. Elle est devenue la plus célèbre des danses. La chorégraphie de l’otea se décline autour d’un thème et d’un accompagnement musical réalisé avec des percussions et autour de motifs asymétriques appelés pehe.
  • L’Aparima : dans cette danse, les mains des danseurs miment une histoire. L’aparima peut être vava (silencieux) et se compose de pantomime, généralement exécuté en s’agenouillant et accompagné de percussions ou il peut être chanté, aparima himene, et les mouvements suivent le rythme du chant qui est accompagné d’instruments à cordes.
  • Le Hivinau : pendant cette chorégraphie, les danseurs masculins et féminins se déplacent en cercle et un soliste masculin prononce une phrase que la chorale reprend. L’orchestre est composé de tambours et le rythme est maintenu par les chansons des danseurs.


  • Le Pa’o’a : cette danse semble dériver des mouvements utilisés pour faire du tapa (une sorte de parchemin confectionné à partir de matières végétales). Les danseurs mâles et femelles forment un demi-cercle, un soliste masculin exprime un thème auquel le chœur répond. Un couple se lève et effectue une petite danse dans le cercle au son de ‘hi‘s et’ ha‘s.


Les autres îles ont été fortement influencés par la danse Mapete, ils ont su conserver certaines de leurs propres danses comme la danse d’oiseau au Kinuvu, kapa aux à Tahaa et pe’i à Orohéna.

Fleurs et artisanat

Fleurs utilisées dans l'artisanat , les festivités par les Mapete.

Les fleurs tropicales semblent être partout chez les Mapete. La célèbre fleur Tiaré est utilisée pour accueillir les voyageurs et pour accompagner la famille qui part. La tradition affirme que si leur coeur est pris, les femmes et les hommes devraient porter une fleur à l’oreille gauche.

L’art du tressage se trouve sous diverses formes, comme les chapeaux, les sacs, les tapis, etc. Les femmes Mapete sont connues comme des expertes de cet art qui utilisent des fibres végétales à partir du pandanus, de la noix de coco ou du roseau ou de l’a’eho .

L’amour et la contemplation de la nature sont ravivés par les somptueuses couvertures de lit tifaifai décorés de motif végétal ou ethnique cousus à la main. L’enthousiasme des femmes pour cet élément typique de la décoration des fare, les maisons polynésiennes, témoigne d’une créativité réelle et a donné lieu à l’organisation d’un spectacle annuel de tifaifai.

L’expression artistique se retrouve également dans la menuiserie, la prérogative des hommes.

Ils sculptent, selon leur inspiration et selon des modèles ancestraux, des représentations schématiques ou symboliques en bois précieux comme le tou ou palissandre local et le miro ou bois de rose. Les Marquises excellent dans ce domaine et produisent de superbes pièces de travail avec des lances, des puzzles et des umete qui servent de plateaux de fruits et dans lesquels des repas spéciaux peuvent être servis.

Certains artisans recourent parfois à la roche volcanique, aux coraux et même aux os pour façonner des objets à la mode aux mille et une décorations tels que le penu ou les pilons. Enfin, le renouveau de l’utilisation de perle dévoile des objets aux effets irisés associées aux parties intérieures polies des coquillages. Leurs nuances toujours changeantes et fascinantes façonnent des objets décoratifs destinés à embellir les costumes de danse ou concevoir des bijoux d’exception.

Inventions

Mapete connus

Articles connexes




Drapeau Mapete.png   Portail de Mapete         Logo géographie.png   Portail de la Géographie